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Une polémique sur la dissertation du concours externe?

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J'ai reçu aujourd'hui la lettre suivante:

 

"Madame, Monsieur,
Est-il vrai que le sujet de dissertation de l'agrégation externe de lettres modernes, traité par les candidats hier, 17 mars 2014, était exactement le même que celui posé en concours blanc à la Sorbonne et suivi d'un corrigé conséquent ( citation sur Capitale de la douleur d'Eluard)? Cette formidable coïncidence ne jetterait-elle pas une certaine ombre sur d'autres préparations? Des enquêtes existent-elles dans le cas de telles coïncidences ?
Voici des questions que l'on peut se poser."

 

Qui pourrait nous éclairer, ma correspondante, les candidats qui se posent la même question, ceux qui se la poseront bientôt et moi-même?

Les étudiants de la Sorbonne confirment-ils qu'il y a identité entre le sujet proposé au concours et celui donné et corrigé pour la préparation?

Les autres hurlent-ils à la trahison?

Et qu'en pensez-vous, vous qui lisez ce menu propos?

 

Commentaires

Posté par Durand le
Il est vrai que j'ai traité ce sujet dans le cadre de la préparation à l'agrégation...
Il faut faire repasser les épreuves
Posté par Garcia le
Bonjour,

je passe également l'agrégation de lettres modernes et nous sommes un petit groupe à avoir remarqué que le sujet donné était effectivement le même que celui de la Sorbonne mais en plus court. Nous sommes outrés d'autant que le même cas est avéré pour le sujet de grammaire moderne qui avait fait l'objet d'un devoir maison à la Sorbonne.Malheureusement, je pense qu'on va nous répondre qu'il s'agit d'une coïncidence et qu'on ne peut rien prouver.
Encore une fois l'élitisme parisien prend le pas sur le reste de la France...
Posté par Mdoscar le
Le sujet n'était pas tout à fait le même : il contenait celui du concours, mais précédé d'autres éléments de l'article de P. Emmanuel... Ceci dit, il est clair que le hasard est plutôt troublant, d'autant que le texte proposé pour l'épreuve en grammaire avait été traité, certes, avec d'autres questions (exception faite d'un mot!!), mais le corrigé pouvait sans aucun doute aider...
Posté par Julien le
Je suis outré !
Un an de travail et de sacrifice perdu du fait que 200 personnes ou plus ont déjà traité deux des sujets. Même si ce n'était pas exactement les mêmes, l'avantage est certain.
J'espère que le jury du concours aura la décence de faire repasser ces deux épreuves.
Dans le cas contraire, l'égalité des chances et la méritocratie seraient totalement bafouées.
Posté par Andrée le
Effectivement le sujet avait déjà été donné, c'est d'autant plus frappant que ce n'est pas vraiment une citation "classique" mais plutôt datée puisqu'elle est tirée d'un article de 1946. Quoi qu'il en soit, le sujet étant le même, il est évident que cela constitue une injustice. Il faudrait faire repasser l'épreuve à moins que l'égalité des chances ne soit pas essentielle dans un concours républicain...
Posté par AurélieL le
Ah, les pollutions printanières !
Agrégative, provinciale et ayant survécu à une éprouvante semaine, je ne peux qu'être extrêmement... et douloureusement partagée :
1) certes, du point de vue déontologico-philosophico-politico-ethico-etc, il serait grand temps que les autorités compétentes soient contraintes de mettre sérieusement le nez dans ces affaires de trafic d'influence et autres délits d'initié. Depuis le temps que ça court !
2)... mais bien lâchement, je n'ai aucune envie de remettre le couvert ces prochaines semaines.
A suivre camarades !
Posté par Louise le
Pour m'être procuré le sujet de la Sorbonne, que voici : "Le Je de Paul Eluard revient sans cesse dans ses poèmes, comme un critère d'évidence absolue. Bien qu'inséparable du tempérament du poète, qui saisit le monde à sa façon, ce Je constitue le principe de cohésion interne du monde restitué par le langage, et d'où le drame personnel est exclu, sans que disparaisse pour autant le tragique inhérent à l'homme. (...) Est-ce un paradoxe de prétendre qu'une telle poésie, la plus personnelle qui soit, puisque rien n'y surgit sans une expérience directe (...) est aussi la plus impersonnelle, au dire même et par la volonté du poète ? ", vous conviendrez qu'il ne s'agit pas du même. La dissertation portait, comme vous pourrez le constater après une courte analyse du sujet, sur le "Je lyrique" et non sur la dichotomie entre poésie impersonnelle et personnelle dans CD. Le corrigé pouvait peut-être aider certes, mais rien de plus par rapport à ce que ce que les CM sur le lyrisme et le "je" éluardien pouvaient apporter. Il est sur que c'est une coïncidence, mais il est difficile de trouver des sujets de dissert sur Eluard. Quant aux "trafics d'influence", les profs de fac (même celles de province, qui ne sont pas si isolées qu'on veut bien le prétendre) se connaissent entre eux, donc dans ces cas là, s'il y avait eu fuite, pourquoi d'autres profs n'en auraient pas profité...? Tout ca me parait un peu fantasque.

De plus, réfléchissez deux secondes en termes de stratégie... cela pénalisera plus les élèves de la Sorbonne (au maximum une centaine à s'être procuré le corrigé et non pas 200 il ne faut pas exagérer non plus !) que cela ne les a aidés ! En effet, on nous rabache que les correcteurs sanctionnent le recrachage de cours. Alors pour tous les Sorbonnards qui auront succombé à la tentation de recracher bêtement leur corrigé, je ne vois pas comment ils peuvent avoir réussi la dissert, puisqu'encore une fois, ce n'était pas le même sujet !

Il était évident que si Eluard tombait, on pouvait s'attendre à ce genre de sujet... Donc aux étudiants de lire les articles de la bibiographie... Et cela m'étonnerait fort qu'ils réorganisent des épreuves, cela serait bien trop coûteux et compliqué en termes d'organisation...

Après si on veut ouvrir le débat de l'injustice par rapport à la préparation à l'Agreg, que dire de ceux qui sont à l'ENS ou en prépa privée Sévigné par exemple ?? Quelle égalité des chances alors ????
Posté par Paul E. le
La citation n'était pas exactement la même et ça change tout ! Tous ceux qui auront ressorti leur corrigé auront non seulement la même dissertation (et on sait que les rapports de jury ne cessent de rappeler que le recrachage de cour n'est aucunement favorisé) mais en plus seront en plein hors sujet !! Si vous lisez les quelques lignes précédents la citation du concours, vous verrez que P. Emmanuel parle surtout du "je" (comme l'indique le titre de l'article...) et très peu du rapport poèsie personelle / poèsie impersonelle. Or le corrigé de la Sorbonne s'est complétement focalisé sur le "je" ! Alors calmez-vous, la méritocratie a encore de bien beaux jours devant elle...

P.S : et si vous n'avez pas l'agreg cette année et que vraiment vous n'êtes toujours pas satisfaits, venez la préparer à Paris l'an prochain : la Sorbonne ne refuse personne !
Posté par Florence le
Je suis assez d'accord avec Louise: recracher un corrigé sur "presque" le même sujet ne me paraît pas gage de réussite et, oui, il y a des inégalités dans la préparation. Mais avoir été admis à l'ENS et bénéficier d'une fuite, ce n'est pas pareil.
Posté par Provincial le
Quelle belle salve de commentaires parisiens que voici. Ne vous inquiétez pas, la composition ne sera pas annulée puis repassée, vous aurez votre admissibilité.
Posté par Garcia le
Ce n'est peut être pas exactement le même sujet mais il n'en reste pas moins que le contexte et le critique étaient connus par les candidats parisiens. Et en ce qui concerne la grammaire qui est une épreuve technique le "recrachage des connaissances" permet de proposer quelque chose de carré dans un temps limité très court. Même si nos profs en "province" étaient au courant du sujet ils ne nous ont pas apporté les mêmes éléments pour Eluard en tout cas.Voilà, il est sûr qu'on ne va pas repasser les épreuves mais il ne faut plus que ça se reproduise. Et quant au fait de monter à Paris, tout le monde n'en a pas les moyens et ce n'est pas normal que la Sorbonne = ticket gagnant pour l'agrégation.
Posté par Momo le
Quelle mauvaise foi de la part de ceux qui disent qu'ils n'ont pas été avantagé. Oui le sujet donné à la Sorbonne était plus long, c'est pire car il fournit le contexte pour analyser correctement le sujet du concours. Ils nous font croire qu'ils sont assez stupides pour recracher un corrigé. Tout étudiant sérieux aura bien sûr profité de l'analyse et du corrigé de la Sorbonne pour nourrir sa propre réflexion ; cela n'enlève rien à l'injustice.
Peu importe de savoir s'il y a eu fuite le fait est que le sujet a été donné.
Des inégalités dans la préparation, ce n'est pas la même chose que le délit d'initié. Chacun est libre de faire en fonction de ses moyens financiers (tout le monde n'a pas des parents qui peuvent se permettre de financer des études parisiennes) mais tout le monde doit avoir les mêmes chances le jour j.
Posté par Florence le
En effet, tout le monde n'a pas des parents pouvant financer des études à Paris. Et il y a d'excellents professeurs en province comme à la Sorbonne!Et la très bonne réputation de cette université ne s'est pas construite me semble-t-il sur des pratiques aussi douteuses que celle que nous constatons cette année. Je veux continuer à croire que la Sorbonne n'est ni l'assurance de la réussite (comme Sévigné d'ailleurs) ni un repaire de bavards impénitents...
Posté par Robert de Sorbon le
C'est un plaisir que de voir qu'à nouveau les élèves de ma prestigieuse école brilleront à votre détriment. Cette année encore, toute une cohorte d'agrégatifs seront Parisiens, pourvu que ça dure.
Posté par joanna le
Mais enfin ! et les agrégatifs qui ne sont ni à l'ENS ni à la Sorbonne on en fait quoi ? OH ce n'était pas le même sujet mais évidemment puisque sinon le professeur aurait subi des sanctions ! Alors que là ...le courage de ces messieurs dames est désopilant , ne peut on faire preuve d'un peu de décence morale ?Il est vain de prétendre à la réussite de tous si les enseignants eux mêmes sont favorisés selon qu'ils habitent Paris ou Montpellier !
Posté par Florence le
Bonjour Robert,

Tu es sur le site d'une lyonnaise 5ème à l'agreg. je t'envoie une bise de province.
Posté par Robert de Sorbon le
Ah beurk ! Une bise de provinciale ;)
Posté par Garcia le
A Robert,

je ne sais pas si vous êtes ironique, mais si vous êtes sérieux, belle mentalité! Si le fait d'avoir l'agrégation est le résultat d'une inscription à la Sorbonne, vous avez raison d'être fier que la "tradition" se perpétue...
Merci Florence en tout cas et félicitations pour votre réussite!
Posté par Paul E. le
En effet, on connaissait le contexte de la citation et le critique et même les poèmes de Capitale de la douleur... Ceci dit, on ne pouvait absolument pas savoir que le sujet tomberait sur Eluard et personnellement je n'aurais jamais parié sur cette oeuvre ! Quant à la grammaire, je ne sais pas où vous avez entendu que nous avions eu le sujet en cours. Si, en effet, nous avions travaillé "le morphème que" j'imagine et j'espère que nous n'étions pas les seuls en France...
Posté par B.P. le
Honnêtement la grammaire moderne ce n'est pas très grave. Ce n'est que coefficient 4 et le morphème que est une question qui a sûrement été abordée par tous pendant la préparation. Mais la dissertation est un réel problème et les responsables de l'agrégation devraient en être saisis. Dire que le sujet du concours blanc de la Sorbonne est différent parce que plus long, c'est un peu se foutre de la gueule du monde. Les notions soulevées par le sujet restent les mêmes. Il s'agit d'honnêteté intellectuelle maintenant. Et malgré la fatigue il serait plus juste et équitable de refaire composer tout le monde (procédé pas si compliqué que cela et déjà utilisé pour des pertes de copies et diverses situations). Après j'ai bien peur que rien ne soit fait puisque c'est la fameuse Sorbonne qui est en cause... Je ne veux pas faire mon provincial mais bon il ne faut pas se voiler la face...
Posté par A. Mala le
C`est scandaleux!!!
mais evidemment personne ne fera rien...l`injustice...on se croirait au 18eme siecle.
Posté par FromENS le
Je tiens juste à préciser, pour rétablir la vérité sur la légende normalienne : on a vraiment souffert aussi sur Eluard, le mythe de la préparation béton est franchement vacillant ces derniers temps.

Et n'oublions pas que sur un échantillon d'élèves, 1) forcément tous n'aurons pas eu envie de recracher le corrigé 2) d'autres n'ont même pas relu le corrigé 3) d'autres encore ont eu peur de tomber dans le piège d'un sujet coupé et donc différent.

C'est une coïndence étrange, cependant, je suis d'accord...
Posté par joanna le
votre mauvaise foi est consternante ! vous pouvez alléguer tous les prétextes et lieux communs pour dire :ce n'était pas le sujet cela s'en rapprochait ,c'est ajouter l'insulte à la tricherie .Car, et au risque de blesser votre honneur de d'étudiant émérite, si nous sommes admissibles , compte tenu des circonstances cela relèvera du miracle nous aurons bien plus de mérite à y être nous ! Pauvre France !
Posté par mdoscar le
Je ne commenterai même pas la mauvaise foi de ceux qui ont eu le sujet de dissertation ; leur réaction défensive prouve qu'ils se sentent bien avantagés... Pensent-ils vraiment que cela donnera plus de valeur à leur agrégation s'ils l'obtiennent dans ces conditions ?
Je m'interrogeai sur l'opportunité de soumettre le sujet à la presse, soit par un site du type mediapart ou rue89, soit en contactant directement les journalistes ? Il serait temps que ce genre de favoritisme hypocrite soit dénoncé, ne serait-ce que pour redonner un peu de sens à la préparation... Qu'en pensez-vous ?
Posté par joanna le
Vous ajoutez l'insulte à la tricherie ! Car c'est bien de cela qu'il s'agit ! Votre mauvaise foi est consternante : nous dire ce n'était pas le sujet ,c'était un autre est un peu aisé .Vous avez été favorisé et comme cela va vous faire passer avant d'autres vous trouvez cela très bien belle mentalité ! Sont -ce les valeurs que vous souhaiter défendre à l'oral car à moins d'un miracle hélas vous irez ? Je ne suis pas sure que devant vos élèves ce même discours vous portera loin....Je suis navré pour vous , à dire vrai : en tout cas une chose est certaine si nous parvenons nous à être admissibles notre mérite sera grand ! et bien qu'il me déplairait fortement de "remettre le couvert " comme disait ma collègue plus haut je le ferai avec joie si c'est pour abolir ces foutus privilèges surannés et malhonnêtes!
Posté par Créuse le
Mdr mais vous êtes en train de devenir fous les gars ! Franchement, j'ai été obligée cette année de monter à Paris pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec l'Agreg et j'ai donc préparé à la Sorbonne alors que j'avais fait tout mon cursus à Lyon III. Et bien croyez le ou pas mais je n'ai vu aucune différence entre Paris et "la province" au niveau des préparations. Désolée mais pour moi tout cela se vaut et ce qui fait seulement la différence est le travail personnel de l'élève ! Avec une amie de Lyon on a passé l'année à s'échanger nos cours et vous devriez savoir que l'entre aide est une des principales clés de réussite ! Alors franchement arrêtez votre gue-guerre puérile : elle est ridicule et écoeurante ! D'autre part nous insultez de tricheurs est vraiment faire preuve d'une belle idiotie ! Qu'en savions nous qu'Eluard tomberait ! De mon côté j'ai étudié l'ancien français depuis la deuxième année à Lyon contrairement aux 3/4 des étudiants de la Sorbonne qui n'en avaient jamais fait avant cette année : est ce que ça fait de moi une sale tricheure qui mérite vraiment de ne pas avoir son concours ?! Allez, vous faites honte au concour et aux professeurs.
Posté par T. L'Hermite le
Concernant la grammaire et le morphème « que », je suis aussi d’accord pour dire qu’il s’agit sans doute plus des aléas du concours qu’autre chose. Chacun a été avantagé ou desservi selon les épreuves et sa préparation, c’est le jeu du concours après tout.
Quant au sujet sur Eluard, le facteur chance semble tout simplement inconcevable, il s’agit d’une fuite à peine déguisée – les sujets potentiels étaient innombrables - et certains parisiens ont beau jeu d’alléguer une différence dans l’intitulé et le risque du recrachage de cours, tout le monde sait qu’il s’agit d’un écueil majeur, à éviter par-dessus tout. Il n’empêche que ceux ayant l’intelligence d’user de la matière de leur corrigé pour la réinvestir de manière pas trop con-con sur ledit sujet auront un avantage énorme, injuste par rapport aux autres. Quant à repasser l’épreuve, je doute que la chose soit vraiment envisageable, mais à voir…
Je ne sais pas du tout ce que peut donner le fait de soumettre ce genre d’histoire à un journal comme mediapart, comme le suggère Mdoscar, mais je trouve l’idée excellente ! A défaut de pouvoir rétablir l’équité pour cette session, il faut au moins que cette histoire ait la publicité qu’elle mérite.
Et pour certains parisiens qui se réfugient dans une mauvaise foi vraiment pitoyable, effectivement, obtenir un concours par une bonne grosse fuite coeff 12 ne me semble pas particulièrement enviable, je les laisse à leur bonne conscience.
Posté par Sudiste le
Si nous suivons le raisonnement de ceux qui pensent ne pas avoir été favorisés en ayant eu le sujet de la dissertation ainsi que sa correction, êtes-vous vraiment sérieux? Même si cet incident reste le coup du hasard, ne voulez-vous pas que le concours demeure loyal? Que va-t-on penser de l'élitisme intellectuel de la Sorbonne si la majorité des étudiants obtiennent leur concours de cette manière? Vous ne vous en rendez peut être pas compte mais vous vous discréditez vous-mêmes en ayant ce genre de propos. Et à tous ceux qui postent des commentaires provocateurs, ça n'a aucun impact et vous vous ridiculez tout seul ! Vive la République !
Posté par AurelieL le
Allez, allez, camarades ! On est tous un peu sur les nerfs et c'est parfaitement légitime. Pour ma part, (moi provinciale, comme d'autres disent "moi libéral";) je ne considère pas comme des tricheurs les personnes qui ont pu bosser durant leur prépa sur un ou plusieurs des sujets tombés. De fait, que savaient-ils du sujet qui allait tomber ? Ce qui m'étonne bien davantage, c'est que les sujets traités dans les grandes prépas ne sont pas, ne peuvent pas rester ignorés en haut lieu. Du coup - et je le précise : sans vouloir crier DU TOUT au complot - je m'interroge plutôt sur le fonctionnement objectif du système : personne ne s'inquiète donc de recouper les infos qui circulent très bien et très facilement avant que le président du jury ne valide en fin de compte le sujet ? D'autre part, je suis d'acc avec la personne qui estime que les conditions de prépa du concours sont fondamentales (entre autres, les pratiques d'entre-aide)... et pour ma part, je supporterais très très mal d'être parquée dans un amphi de 200 personnes sans voir la lumière du jour des journées entières. J'ai de fait bénéficié de moins d'heures de cours que des étudiants de grandes prépa parisiennes ou que des normaliens, mais je peux vous dire qu'au vu de l'engagement de nos enseignants, de la qualité des cours dispensés et de la solidarité dans le groupe, je n'ai rien à envier à d'autres, certainement mieux lotis quantitativement parlant. Alors si j'échoue... eh ben manque de bol, je ne pourrai l'imputer qu'à moi-même ! Allez les gens, courage pour la suite !!
Posté par Mdoscar le
Je pense que la question essentielle n'est pas seulement celle du clivage Paris/province, mais surtout celle de "l'égalité des chances" qui est au centre de l'idéologie de notre futur métier...
Certes, la grammaire n'est que coeff 4, mais si l'on ajoute les deux épreuves, nous atteignons pratiquement la moitié des coeff des épreuves écrites. Qui plus est, il ne s'agissait pas de la question du morphème QUE, mais de bien pire. Le texte était au mot près le même que celui d'un des Cours Sévigné. Quant aux questions, si elles étaient différentes, celles qui étaient traitées dans le corrigé aidait franchement à répondre à celles du vrai concours. D'une part, il y avait un mot de lexico qui est tombé au concours et qui était déjà traité (et vu que c'était la même occurrence, autant dire que c'était cadeau!). Ensuite, la question du degré était traitée, donc avec des occurences de QUE. Enfin, le corrigé comportait des éléments de stylistique sur registre épique, pathétique, héroi-comique, burlesque... Quelle coïncidence ! Cela fait deux épreuves sur cinq qui sont, sinon truquées, au moins tronquées.
Pour ceux qui lisent vraiment les oeuvres au programme : il en va de l'agrég comme de la "loterie", "duperie certaine et bonheur cherché par des fous".
Posté par Andrée le
Pour ceux qui atterrissent la question n'est pas de savoir si la Sorbonne propose une meilleure préparation mais si un de ses professeurs a avantagé ses élèves en les faisant plancher sur le sujet qui allait tomber. Je ne remets pas en cause les étudiants de la Sorbonne qui n'y sont pour rien mais bien le délit d'initié incontestable. Ceux qui se sentent visés et obligés de répondre de façon agressive n'ont donc pas la conscience tranquille...
Posté par Julien le
Je ne suis pas certain que l'on puisse parler de "délit d'initié incontestable". Je n'ai pas préparé l'agrégation à la Sorbonne, mais le professeur qui nous donnait le cours sur Éluard a évoqué à maintes reprises "l'impersonnel" et le "Je universel" de Pierre Emmanuel. Certes, il ne s'agissait pas d'une citation traitée en concours blanc, mais il aurait pu, il me semble, choisir cette citation pour un éventuel devoir, car il connaissait bien les textes en question.
Posté par Stéphanie le
Je comprends que cela puisse poser question, c'est légitime. Néanmoins, J'ai donné, l'an passé, à mes élèves de 3e, un sujet de réflexion pour les entraîner, et ce, à deux semaines des épreuves du brevet. Certes, ce n'est que le brevet, rien à voir avec l'agrégation, je vous l'accorde... Mais il se trouve que le sujet que j'avais donné était quasiment le même que celui des épreuves nationales, à deux-trois mots près. Et des possibilités de sujets, il y en avait beaucoup également ! Je n'en revenais pas quand j'ai découvert l'intitulé ; les élèves me l'ont bien fait remarquer. Malgré tout, les quelques mots qui changeaient modifiaient aussi la problématique : beaucoup sont tombés dans ce piège, et c'est ce que je craignais. Bref, tout ça pour dire que ce peut être le fruit du hasard... (Je suis de province et ne passais pas l'externe) Ceux qui sont avantagés ne sont-ils pas ceux qui ont bien travaillé l'oeuvre et qui savent construire une problématique digne de ce nom ? Je n'apprends jamais un corrigé de dissert, je préfère parvenir le jour J à un raisonnement clair, intéressant, original si possible. C'est un concours : il faut savoir faire efficace, mais aussi être meilleur que les autres.
Posté par moli le
Je rejoins ce que dit Andrée, nous n'avons rien contre les étudiants de la Sorbonne qui ne pouvaient évidemment pas savoir sur quel sujet nous allions tous tomber, mais c'est évidemment une affaire à voir au niveau des professeurs. S'il y a vraiment eu fuite, il faudrait qu'on refasse tous l'épreuve, et personnellement, je n'ai aucune envie de refaire 7h de dissertation et une épreuve de grammaire par dessus le marché. Alors oui, les étudiants de la Sorbonne auront eu beaucoup de chance, et ça nous paraît injuste, mais on ne peut pas les blâmer, eux.
Enfin bref, je préfère croire aux énormes et invraisemblables coïncidences plutôt que d'avoir à refaire ces épreuves et de mettre en doute l'intégrité de professeurs d'une prestigieuse université…
Posté par B.P. le
Créuse tu n'es pas "une sale tricheure" (je te cite xD)! Le problème n'est pas là. Comme le dit Mdoscar il s'agit d'égalité des chances. Nous ne sommes pas en train non plus de faire nos petits gamins complexés et de dire que les prépas de Paris sont meilleures que celles de province: il y a d'excellentes prépas en Province. Puis c'est même pas un débat digne d'intérêt bref! Blâmez par contre le travail des autres est limite insultant mais bon passons.
Je suis aussi d'accord avec Aurélie, ce genre de "fuite" soulève un gros problème d'organisation du concours vis-à-vis du processus de sélection du sujet et de la remontée des sujets donnés en concours blancs dans chaque prépa...
Je pense aussi qu'il faudrait signaler des organismes de presse à ce sujet: pourquoi les fuites du bac feraient-elles plus de bruit que celles de l'agrégation ^^ ?
En attendant, reposons nous et profitons d'un week-end pluvieux pour certains haha
Posté par Nina le
J'ai suivi la prépa de la Sorbonne et je tiens à nuancer ce qui a été dit! Oui, nous avons été véritablement avantagé, oui, nous pouvions aisément adapter le plan proposé en cours, oui, nous pouvions nous aider du contexte et de ce qui précédait la citation.
Mais il y a une différence à parler de chance inouïe, voire un peu injuste, et à accuser notre prof de fraude. Il s'agit d'une personne consciencieuse, extrêmement travailleuse et spécialiste d'Eluard- j'entends par là qu'elle maitrisait l'ensemble de la critique et nous renvoyait sans cesse aux articles majeurs. Le "je universel" et la question de la poésie impersonnelle étaient une des problématiques essentielles, et il faut reconnaître que l'article de Pierre Emmanuel se prêtait parfaitement à une citation de concours! Je comprends que les élèves de la Sorbonne se réjouissent (pas tous d'ailleurs, loin de là), que des élèves d'autres prépas soient étonnés, déçus et qu'ils voient là une injustice, mais essayons de ne pas remettre en cause l'intégrité de cet excellent prof!
Posté par toto le
J'ai parlé de la question avec un professeur d'université que je connais et selon qui ce genre de "coïncidences" est assez fréquent. Toujours d'après cette personne, chaque étudiant a dû aborder la question du lyrisme personnel/impersonnel d'Eluard dans sa préparation parce que c'est super bateau!(Et personnellement je pense que si on a réfléchi pendant l'année à cette question, on doit être capable de problématiser tout ça même sans avoir vu un corrigé. C'est mon côté "j'y crois jusqu'au bout") . Dernière info: les étudiants qui voudraient qu'il y ait enquête doivent contacter le président du jury de l'agreg externe.
Posté par Renner Florence le
J'ai préparé l'agrégation interne cette année, pas du tout à la Sorbonne, et j'avais, toute seule comme une grande, relevé EXACTEMENT ce passage de la citation de P. Emmanuel pour m'entraîner à disserter sur Eluard. On pouvait s'attendre à un tel questionnement sur cette oeuvre, et P. Emmanuel est quand même cité dans toutes les bibliographies portant sur Eluard... De la même façon, le sujet sur Sévigné tombé en interne, une citation de Viala, était très proche du sujet d'entraînement du CNED (une citation du même Viala portant sur le même questionnement, et corrigée, donc...). Pourquoi personne ne crie au scandale ? Parce que toute la France a pu se préparer avec le CNED ???
Posté par Florence le
Oui, Florence... Ce qui fait la différence à l'agrégation, ce n'est pas le cours qu'on a , c'est le travail personnel.
Posté par pauline le
Il ne sert à rien de contester auprès du jury. Seul une action devant la justice française peut permettre de déclarer cette épreuve nulle.
Posté par B.P. le
Tant mieux pour tous celles et ceux qui ont lu l'article avant l'épreuve, travaillé sur le lyrisme éluardien et tout ce qui va avec, et pour ceux qui ont eu des profs compétents fournissant bibliographies adéquates et cours intelligents. Pour certains ce n'est pas le cas, comme moi, je veux bien me blâmer autant que possible et constater mon manque de travail sur Eluard ceci dit. En attendant, les faits demeurent: le sujet de la Sorbonne était le même (certes plus long) que celui du concours. Mais bon... tant pis... Sur ce, bonne préparation aux oraux! Cette fois-ci les chances pour tomber sur un sujet déjà préparé en cours sont beaucoup plus grandes et pas seulement réduites à la Sorbonne xD ^^
Posté par Sarah le
Juste pour info : en 2004, le sujet de dissertation française sur Rousseau tombé à l'agreg enterne de LC avait été traité dans le cours du CNED et l'épreuve n'avait pas été annulée.
Posté par Solène le
Autre information : en 2010, le sujet tombé en composition française à l'externe sur Ronsard avait été donné en concours blanc à Nantes... Simple coïncidence mais heureux hasard pour les étudiants de cette fac de province (cette fois-là) ! Cela arrive et s'explique sans doute par un vrai travail de préparation mené par le professeur en charge du cours ( tous ne sont pas aussi consciencieux, malheureusement). Bon courage à tous pour la suite.
Posté par Olivier71 le
Les vraies questions sont les suivantes :
Qui a organisé l'épreuve de littérature de l'agrégation?
Et celle de la question de grammaire?
C'est personnes (ils sont souvent plusieurs à décider des sujets) sont-elles des enseignants préparant à l'agrégation? Et, si oui, où?
Enfin : font-ils partie des jurys d'agrégations? Et si oui, où?
Posté par chantrel le
A qui pourrait-on faire croire que cela serait une coïncidence ? Il y avait une chance sur 1000 ou 10000 pour que la citation soit la même ! Il y a eu un favoritisme évident pour ne pas dire autre chose ! Surtout quand on sait ce qu'il se passe entre Diderot et la Sorbonne... et la perte de vitesse de la deuxième .. il y a eu un favoritisme évident ! Quand on habite en province et que l'on prépare seul dans son coin son concours (et tout en bossant à côté), on se dit qu'on a aucune chance contre les "sorbonicoles" qui ont eu le sujet encadré du contexte précèdent et suivant la citation (avec le corrigé de surcroît) : c'est honteux et je ne crois pas au hasard surréaliste ; de qui se moque-t-on ? IL FAUT SE REGROUPER ET ORGANISER UNE PETITION.
Posté par JoachimdeGrenoble le
Pour la dissert, je suis tout à fait d'accord qu'il peut s'agir d'une coïncidence : la citation peut être celle d'un spécialiste de l'auteur, soulever des enjeux canoniques de l'œuvre, etc.

Mais il faut arrêter de se leurrer : la MÊME université qui prépare aux MÊMES questions du MÊME texte??!!!
Déjà que le concours est largement discriminatoire au profit des Parisiens (les oraux de l'agreg externe de LM se passent TOUJOURS à Paris), si en plus on leur donne le sujet, rien ne va plus!!!!



Pour reprendre le commentaire de Je-ne-sais-plus-qui, il faut revenir à la réalité, l'agreg' n'est pas qu'une affaire entre étudiants ; c'est aussi une guéguerre entre les universités pour avoir un très bon taux de réussite. Donc, c'est évident que même si des membres du jury ont des rapports plus ou moins étroits avec certains enseignants de la province, ils ne vont pas nécessairement leur donner des infos sur les sujets choisis le jour du concours.

Pour reprendre un commentaire d'un(e) autre Je-ne-sais-plus-qui (^^), on ne peut pas dire que les étudiants de la Sorbonne étaient "victimes" d'avoir eu quasiment le même sujet de la dissertation à leur concours blanc puisqu'ils savent très bien que l'un des B.A-BA de cet exercice consiste justement à ne pas recracher son cours.

Je crois aussi qu'il faut soulever la question en haut lieu, voire aux médias, et même proposer de changer de ville périodiquement pour les oraux afin de gagner en équité pour cette partie du concours.

S'il n'y avait que la dissert que les candidats de la Sorbonne avaient eue, je ne serai pas choqué, mais là c'est exagéré...
Posté par chantrel le
Il faut avertir les médias ! Regroupons nous devant ce scandale !
Posté par Platon le
Bonjour,
Agrégative en philosophie à Paris 1, je tenais à me joindre à vous dans votre révolte face au manque de professionnalisme du président du jury de votre agrégation, qui a en charge de se tenir informé des sujets donnés dans les différentes prépas pour éviter que des incidents de ce genre se produisent.
Nous avons rencontré le même problème : la moitié du texte de commentaire avait été traité en épreuve blanche par les élèves de l'ENS Ulm, et leur prof de dissertation sur programme n'avait cessé de leur signaler qu'il y avait de fortes chances que le sujet que nous avons eu tombe. Deux épreuves sur trois avaient donc été partiellement traitées par les normaliens. Leurs préparateurs ne sont évidemment pas à remettre en question, à mon avis (je ne crois pas au délit d'initié et autres fuites de sujet), au contraire, ils ont eu du nez. Cependant, nous nous sentons tout de même lésés : c'est au PRESIDENT DU JURY de se tenir informé pour maintenir l'égalité des chances le jour du concours. Conclusion : nos présidents du jury sont à blâmer dans la mesure où ils n'ont pas fait leur boulot. Je pense cependant qu'il n'y a rien à faire - y retourner l'an prochain et prier pour avoir plus de chance.
Posté par Narildina le
C'est faux: il n'y a pas rien à faire (mort au fatalisme!): il faut contacter les syndicats... Il y a peu de chances que l'épreuve soit annulée, mais il faudrait au moins qu'il y ait des conséquences pour le président du jury et/ou les responsables de la fuite.
Pour ma part, je suis entrain d'essayer de contacter ceux de mon université, ainsi que d'entrer en contact avec des journalistes (deux se sont déjà montrés intéressés)
Je vous invite également tous à écrire une lettre au ministre de l'éducation, (plus il y en aura, mieux ce sera) pour que la chose soit sue en haut lieu, afin que pour les sessions suivantes, une réelle égalité des chances soit appliquée
Pour le coup, il faut dépasser sa peur de devoir hypothétiquement repasser le concours, et se dire qu'on agit aussi pour l'avenir
Posté par Empedocle le
Le sujet qui est tombé est également cité in extenso dans l'atlande de Gervais-Zanninger, ainsi qu'en annexe de l'essai de Corinne Bayle... Faut-il alors en conclure que le complot sorbonnicolo-parisien s'étend jusqu'aux éditeurs de ces mêmes livres que - soyons francs ! - l'on ne peut se procurer - c'est bien connu ! - que si l'on habite la capitale ?

La grogne des provinciaux est bien évidemment légitime, et la coïncidence particulièrement irritante, mais comparez donc le nombre de passages à l'oral disponibles par élève entre Paris et la province, et vous réviserez peut-être votre copie.

En outre, le corrigé de la professeure de Paris IV a été occulté par bon nombre de sorbonnards débordés, ça ne fait pas un pli. Et comme cela a déjà été dit, la professeure en question est une personne d'un sérieux incontestable, consciencieuse, et je me demande vraiment quel intérêt, à ce stade, on pourrait trouver à se mêler à ce genre de pratique - sauf à aimer être calomnié.

Sur ce bon courage à tous, et point trop de rancoeur, par pitié : face à un tel sujet, les sueurs froides n'épargnent personne...
Posté par Florence le
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