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Une bibliographie, des sujets de leçon et puis les vacances...

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Jean-Michel GOUVARD, professeur à l'université de Bordeaux III, nous adresse une bibliographie commentée sur Le Spleen de Paris. On le remercie!

Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire

Bibliographie sélective

 

1. Les éditions du texte

            L’édition du Spleen de Paris qui fait référence pour la préparation aux agrégations interne et externe de Lettres modernes est celle de Jean-Luc Steinmetz, au Livre de Poche :

 

Steinmetz, Jean-Luc, Le Spleen de Paris. Petits Poèmes en prose, Le Livre de Poche, « Classiques du Livre de poche », 2003.

 

Si la plupart des éditions modernes suivent les leçons de la première version des Petits Poèmes en prose, qui parut en 1869 chez Michel Lévy, ce n’est pas le cas de celle-ci. Théodore de Banville et Charles Asselineau, qui avait été chargé d’établir le texte, avaient en effet pris quelques libertés avec les prépublications et les manuscrits dont ils disposaient. Jean-Luc Steinmetz est donc revenu aux poèmes tels que Baudelaire les avaient publiés de son vivant, et donne ainsi des versions qui sont sans doute plus proches de ce qu’eût souhaité l’auteur, s’il avait vécu assez longtemps pour mettre au point son recueil.

            Il est intéressant de consulter également l’édition de Robert Kopp, publiée en 1969, chez Corti, laquelle contribua à renouveler les études sur Le Spleen de Paris et dont l’appareil critique apporte de précieuses informations sur l’œuvre, tout comme l’édition de référence de Claude Pichois, dans « La Pléiade » :

 

Kopp, Robert, Petits poëmes en prose, Paris, Corti, 1969.

Pichois, Claude, Œuvres complètes, Tome I, Gallimard, « Bibliothèque de La Pléiade », 1975.

 

Robert Kopp a aussi signé une édition de poche, dans la collection « Poésie/Gallimard », mais, si le texte du recueil est identique à celui donné chez Corti, l’appareil critique en est beaucoup moins riche :

 

Kopp, Robert, Petits poëmes en prose (Le Spleen de Paris), Gallimard, « Poésie/Gallimard », 1973.

 

2. Ouvrages pédagogiques sur Le Spleen de Paris

            Il existe plusieurs ouvrages pédagogiques sur Le Spleen de Paris destinés aux lycéens ou aux étudiants, à commencer par celui que j’ai rédigé, dans l’optique de la préparation du concours, et qui est à paraître à la fin du mois de juillet :

 

Gouvard, Jean-Michel, Baudelaire. Le Spleen de Paris, Ellipses, 2014.

         

Parmi les titres déjà disponibles sur le marché, on signalera entre autres :

 

Bénévent, Christine, Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en prose), Gallimard, « La Bibliothèque Gallimard », 2000.

Evrard, Franck, Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire, Bertrand-Lacoste, « Parcours de lecture », 2002.

Kopp, Robert, Baudelaire, le soleil noir de la modernité, Gallimard, « Découvertes », 2004.

Vallet, Nicolas, Baudelaire, Petits Poëmes en prose, Bréal, 1998.

Viegnes, Michel, et Landes, Agnès, Petits Poèmes en prose. Charles Baudelaire, Hatier, « Profil bac », 2000.

 

3. Essais sur Baudelaire et Le Spleen de Paris

            Même si Le Spleen de Paris est un recueil qui n’a vraiment commencé d’être reconnu à sa juste valeur qu’après la seconde guerre mondiale, Baudelaire est l’un des auteurs les plus étudiés au sein de l’université, et les essais le concernant sont aussi nombreux que divers.

            On distinguera tout d’abord les références que l’on peut qualifier de « classiques », en ceci qu’elles ont fait date par le passé dans les études baudelairiennes :

 

Bandy, W.T., et Pichois, Claude, Baudelaire devant ses contemporains, Klincksieck, 1995 (réédition de l’ouvrage paru aux Editions du Rocher en 1957).

Benjamin, Walter, Charles Baudelaire, un poète lyrique à l’apogée du capitalisme, Payot, 1979 (compilation de textes datant des années 1930).

Fondane, Benjamin, Baudelaire et l’expérience du gouffre, Editions Complexe (Belgique), 1995 (réédition de l’ouvrage paru chez Seghers en 1947).

Galand, René, Baudelaire. Poétiques et poésie, Nizet, 1969.

Johnson, Barbara, Défigurations du langage poétique. La seconde révolution baudelairienne, Flammarion, 1979.

Mauron, Charles, Le dernier Baudelaire, Corti, 1966.

Vouga, Daniel, Baudelaire et Joseph de Maistre, Corti, 1957.

Pommier, Jean, Les Chemins de Baudelaire, Corti, 1945.

Prévost, Jean, Baudelaire. Essai sur l’inspiration et la création poétiques, Mercure de France, 1971 (première édition 1953).

Richer, Jean, et Ruff, Marcel, Les derniers Mois de Charles Baudelaire et la publication posthume de ses œuvres, Nizet, 1976.

Rincé, Dominique, Baudelaire et la modernité poétique, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 1996 (première édition 1984).

 

Pour une approche canonique, on consultera les ouvrages de Jean Pommier, Jean Prévost, René Galand, Benjamin Fondane, ou encore Dominique Rincé, qui reste une excellente introduction malgré son caractère nécessairement limité, à cause des contraintes de la collection « Que sais-je ? ». Mais l’ouvrage de Barbara Johnson, peu connu des lecteurs français, est aussi tout à fait pertinent pour l’étude spécifique du Spleen de Paris. Dans une tout autre veine, les analyses de Walter Benjamin, un philosophe allemand proche de l’école de Francfort, qui associe sociologie, histoire et psychanalyse, se révèlent très suggestives, justement parce qu’elles ne s’inscrivent pas dans les problématiques traditionnelles des approches littéraires. Les essais de Mauron et Vouga ont eu une influence significative sur les études baudelairiennes d’après-guerre, et peuvent être lus dans cette perspective, mais ils sont aujourd’hui quelque peu datés.

            Dans les vingt dernières années, plusieurs essais sont venus modifier notre lecture de Baudelaire et, plus spécifiquement, du recueil inscrit au programme de la session 2015 du concours. Pour une approche qui cherche à cerner le dialogue entre la création poétique et le contexte historique et politique, on consultera :

           

Murphy, Steve, Logiques du dernier Baudelaire. Lectures du Spleen de Paris, Champion, « Champion Classiques », 2007 (première édition 2003).

Oehler, Dolf, Le Spleen contre l’oubli. Juin 1848, Payot, « Critique de la politique », 1996.

Zimmerman, Melvin, “Visions du monde” : Baudelaire et Cie, Nizet, 1991.

 

Pour des ouvrages orientés sur des thèmes centraux du Spleen de Paris, tels que l’allégorie, la peinture, le romantisme et le dandysme, on lira entre autres :

 

Labarthe, Patrick, Baudelaire et la tradition de l’allégorie, Droz, 1999.

Laforgue, Pierre, Ut pictura poesis. Baudelaire, la peinture et le romantisme, Presses Universitaires de Lyon, 2000.

Raynaud, Ernest, Baudelaire et la religion du dandysme, Sandre, 2007.

 

Parmi les essais plus généraux sur Baudelaire parus récemment ou assez récemment, on signalera :

 

Chambers, Ross, Mélancolie et opposition. Les débuts du modernisme en France, Corti, 1987.

Jackson, John E., Baudelaire sans fin, Corti, 2005.

McGinnis, Reginald, La Prostitution sacrée. Essai sur Baudelaire, Belin, « L’Extrême contemporain », 1994.

Thélot, Jérôme, Baudelaire. Violence et poésie, Gallimard, 1993.

 

Les études de Ross Chambers et John E. Jackson sont tout particulièrement riches en suggestions et propositions, et nourriront avec profit la réflexion du candidat.

           

4. Etudes sur le poème en prose

            Enfin, il semble difficile de terminer cette bibliographie sélective sans indiquer quelques références sur le genre du poème en prose, dont Le Spleen de Paris est l’une des premières incarnations :

 

Bernard, Suzanne, Le Poème en prose de Baudelaire jusqu’à nos jours, Nizet, 1959.

Sandras, Michel, Lire le poème en prose, Dunod, 1995.

Vadé, Yves, Le Poème en prose et ses territoires, Belin, 1996.

Vincent-Munnia, Nathalie, Les Premiers Poèmes en prose. Généalogie d’un genre, Champion, 1996.

 

Les ouvrages de Sandras et Vadé sont des initiations destinées aux étudiants. L’essai de Suzanne Bernard est une référence en la matière, mais il convient désormais de le compléter par la lecture du travail de Nathalie Vincent-Munnia, qui a contribué à modifier quelque peu l’histoire de ce « genre ».

Jean-Michel Gouvard

Université Bordeaux-Montaigne

T.E.L.E.M. (EA 4195)

 

 

POUR SE PREPARER à L'EPREUVE de la LECON: les sujets suivants peuvent être envisagés...

- Le spleen de Paris dans Le Spleen de Paris

- Le peintre de la vie moderne

- "Arrière, la muse académique! Je n'ai que faire de cette vieille bégueule"

- La beauté particulière

- Regarder

- La fête

- Le comique

- Narrateur, locuteur et poète*

- L'enfant

- Commencer et finir le poème

- Les personnages

- Le dialogue

- L'autre

 

* La problématique pertinente n'est pas dans ce cas, je préfère le dire tout de suite, "Tu parles, Charles". Sans rire, je précise que je n'ai pas donné des sujets évidents tels que "La femme" ou "Le temps". Cela dit, ils ne sont pas "évidents" dans le sens de "plus simples", c'est sur les sujets canoniques qu'on risque le plus de tomber dans des poncifs. 

D'autre part, on pourrait me demander pourquoi je propose des sujets d'oral alors qu'avant d'y arriver, il faut réussir l'écrit. Je répondrais en disant que l'oral et l'écrit se préparent conjointement dans le sens où leçon et dissertation reposent sur la même capacité à problématiser et sur une bonne connaissance des textes. 

Bonne vacances à tous! Rendez-vous fin août avec une leçon et une explication de texte sur Le Spleen de Paris.

FV

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