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Trois ouvrages de Marthe Peyroux sur Marguerite Yourcenar (EUREDIT)

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Des approches de Marguerite Yourcenar

Marie-Claire Planche

 

La présentation de ces livres est destinée à aider les candidats à l’agrégation, il ne s’agit en aucun cas de recensions exhaustives.

 

Marthe Peyroux, spécialiste de Marguerite Yourcenar, expose ses travaux ici : http://marthe-peyroux.cloudapp.net/.

Vous pourrez y trouver les références ou les liens vers différents articles. Deux textes consacrés aux Mémoires d’Hadrien sont ainsi directement accessibles. L’un présente l’empereur, tandis que l’autre aborde un sujet qui pourrait constituer un sujet de leçon : les paysages.

 

 

Marthe Peyroux, Marguerite Yourcenar. La difficulté héroïque de vivre. Paris, Eurédit, 2003.

 

            L’ouvrage s’intéresse à une question première de la tragédie antique : le destin. Le texte s’ouvre sur une réflexion relative à Hadrien que l’on retrouve dans l’ensemble du volume. Les différents axes (le destin, la passion, la douleur, le désespoir, la mort et l’acception) sont envisagés à travers les personnages de fiction et la biographie de Yourcenar. Ils permettent de saisir une part du travail d’écriture qui se nourrit de l’être profond de l’auteur. Le propos de M. Peyroux entre en résonance avec la publication de 2014 présentée ci-dessous.

 

 

Marthe Peyroux, Marguerite Yourcenar. Un regard sur le monde. Paris, Eurédit, 2006.

 

            « Ce livre permet de parcourir le monde tel que Marguerite Yourcenar l’a observé et de découvrir ce qu’elle a aimé, ce qui la navrait, ce qu’elle aurait voulu ». Les voyages de l’académicienne furent nombreux et elle notait souvent les lieux d’écriture, les conditions dans lesquelles la pensée d’un ouvrage lui était venue.

            L’ouvrage insiste sur la force des paysages et de leur observation, soulignant le travail de composition de l’auteur pour restituer ou recréer ce que les yeux ont vu. En cela la démarche est proche de celle des peintres qui, dans leur travail de mimesis, doivent une certaine fidélité. Ainsi c’est à travers l’œuvre de Yourcenar, les œuvres d’art et la biographie que le lecteur voyage. Quand on sait le goût pour l’art d’Hadrien et les frontières de son empire, on ne peut négliger ce regard sur le monde qui permet aux candidats des regards propres à enrichir leur lecture des Mémoires.

 

 

Marthe Peyroux, Jacqueline de Romilly, Marguerite Yourcenar et la Grèce antique. Une passion commune. Paris, Eurédit, 2011.

 

            L’ouvrage est organisé en trois parties. Les travaux, les réflexions de J. de Romilly et de M. Yourcenar sont constamment mis en parallèle pour souligner des rapprochements ou des divergences. Hadrien est omniprésent, lui qui « éprouvait pour Athènes une passion sans ombre » (p. 19).

 

            Histoire et politique

            C’est au travers des sources, notamment Thucydide, que M. Peyroux analyse l’intérêt des deux femmes pour l’Antiquité et la politique, établissant des liens avec les événements contemporains. Elle montre de quelle manière les sources ont nourri la réflexion tout en permettant certaines prises de position que la fiction permettait. Par la voix d’Hadrien M. Yourcenar expose son regard sur les textes de l’Antiquité, sur la démocratie athénienne ou sur les lois.

 

            Mythologie, tragédies, poésie

            Cette partie, plus éloignée d’Hadrien mais en même temps liée à lui par la culture antique, rappelle l’importance des mythes au service de différents genres, pratiqués dans l’Antiquité et par M. Yourcenar.

 

            Le miracle grec

            Le chapitre 2 : Le panégyrique d’Hadrien en faveur de la Grèce, expose ce qui lie l’auteur à son personnage. Les informations sur la biographie de l’empereur sont éclairantes puisqu’elles permettent une circulation géographique qui ne se départit pas de pérégrinations intellectuelles. Ces pages peuvent aider les candidats parfois déroutés par l’abondance de références dans les Mémoires.

            On trouvera également dans cette partie des réflexions sur la beauté : celle de l’art, celle des hommes. N’est-elle pas au cœur des Mémoires ? Il y a certainement ici des jalons pour une dissertation ou une leçon.

 

            Réunir ces deux auteurs semble une évidence à garder à l’esprit pour proposer une ouverture pertinente à l’écrit comme à l’oral.

 

 

Marthe Peyroux, Marguerite Yourcenar. La passion d’aimer. Paris, Eurédit, 2014.

 

            En manière d’introduction je cite l’avant-propos de l’ouvrage : « Chacun de ses romans compte au mieux une belle histoire d’amour et, à tout le moins, des considérations sur l’amour. […] Le développement qui suit est fondé sur l’ensemble de l’œuvre de Marguerite Yourcenar et sur des faits empruntés à la vie même de la romancière, afin de découvrir en premier lieu, les définitions qu’elle a données de l’amour […] En second lieu il importe de suivre et d’analyser l’évolution du désir à la passion chez les grands protagonistes yourcenariens » (p. 7-8)

            Hadrien est présent dans les trois premières parties, parce qu’il permet de proposer une définition de l’amour, parce qu’il eut différentes amours, parce qu’il était homosexuel. Ces différents axes, qui associent biographie et fiction, sont de nature à nourrir la réflexion des agrégatifs. Un sujet de leçon potentiel : amour et passion dans les Mémoires.

            Les analyses des autres œuvres de Yourcenar ne sont pas inutiles. La lecture du recueil de poésies en prose Feux est à mon sens importante pour aborder la question de la passion.

 

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