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L'esthétisme d'un dimanche

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L’esthétisme d’un dimanche

 

Marie-Claire Planche

 

 

            Je livre ici des remarques qui me sont venues pendant le visionnage et qui, une fois encore s’intéressent aux arts.

 

            L’action se déroule en 1912 dans une belle demeure à l’enduit blanc, aux chaînages de pierre, agrémentée d’un balcon soutenu de colonnettes en fonte, d’un jardin d’hiver, de l’atelier du peintre aux larges baies, et d’un jardin dont le pont japonais établit d’emblée un lien avec Claude Monet.

            Divers plans permettent de cheminer dans ces lieux soit en même temps que les personnages, soit en tant que spectateur. La maison possède le charme d’une maison bourgeoise du début du XXe siècle avec ses nombreux tableaux, ses objets d’art qui montrent le goût pour l’Extrême-Orient apprécié à cette période, son mobilier varié et sombre, ses sièges recouverts d’étoffes, ses lampes (qui évoquent Bonnard ou Vuillard) disposées en divers endroits, de très nombreux miroirs et des photographies. Les tableaux accrochés au mur représentent des portraits, des paysages, des paysages avec personnages, des scènes de la vie urbaine, et une locomotive. On peut remarquer près du globe terrestre un petit portrait de penseur, qui dans l’esprit -et non dans la facture-, évoque les portraits de philosophes de Vélasquez. Dans le salon trône un grand portrait de femme vêtue de blanc : il s’agit de celui d’Irène, la fille du peintre.

            Devant un tableau figurant une femme face à un portefeuille de dessins, le peintre revoit sa femme décédée.

            Les costumes des fillettes aux robes blanches font penser bien entendu aux portraits de Renoir, mais aussi à Pierre Bonnard.

            Le jardin comporte en plus du pont une gloriette, une tonnelle (la distribution des ombres sur les personnages est très picturale) et une pergola. Le peintre dit l’avoir peint cent fois, ajoutant qu’il faut peindre ce qu’on aime. Une scène avec une nappe de pique-nique évoque le Déjeuner sur l’herbe de Manet (même si la femme est vêtue et la scène incomplète).

            Une discussion sur le métier de peintre est engagée, abordant la question de la nouveauté et de l’importance de la photographie. Eugène Carrière est évoqué à partir d’une remarque de Degas qui s’est moqué des flous de sa peinture. Le personnage explique qu’il a respecté la tradition, les règles. Il évoque l’exposition Cézanne de 1896-97 et s’interroge sur la question de la nouveauté. Il se souvient aussi de son séjour à Arles où il rencontra son premier Van Gogh.

            Depuis la maison, plusieurs vues sur le jardin à travers une porte-fenêtre ouverte qui sont comme des tableaux évoquant Vuillard ou Matisse (notamment la lumière à travers les persiennes).

            Irène conduit son père à l’extérieur de ce lieu. La guinguette au bord de l’eau, la musique, les danseurs, les canotiers, les barques, les personnes à table… tout suggère Renoir : Danse au bord de l’eau, Déjeuner des canotiers, La Grenouillère

            Enfin, le fils est parfois tel un personnage de Caillebotte parce qu’il est sanglé dans son costume et son col raide, mais aussi parce qu’il est très citadin dans cet univers champêtre.

 

 

            L’atelier du peintre :

            Nous y pénétrons plusieurs fois. La première fois la caméra propose d’en faire le tour. Il apparaît comme un atelier classique dans lequel le temps s’est figé ; il ne témoigne pas d’une grande activité. Il est ainsi baigné de lumière, avec des cadres, des toiles (y compris au mur), des sièges, des sculptures (dont un pied destiné à l’étude), des bateaux…

            Sur le chevalet, une œuvre en cours, la représentation d’un coin d’atelier qui figure un canapé accueillant un châle jeté et un instrument de musique. Lorsque les enfants du peintre l’accompagnent dans son lieu, sa bru propose qu’il ajoute un chat dans son tableau (2ème visite).

            Irène n’aime pas la peinture de son père (3ème visite).

            Atelier vu en plongée, à travers la verrière (4ème visite), éclairé par les lampes. Puis le peintre ôte la toile du chevalet, la remplace par une plus petite et nous découvrons qu’elle est vierge lorsqu’il s’installe sur la banquette après en avoir ôté le châle et le luth. Il contemple cette toile vierge (annonce de la modernité de la peinture à venir ou réflexion sur la prochaine œuvre à créer ?). 

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